Christopher Dembik, Senior Investment Strategy Adviser Pictet Asset Management.
Ce n’est pas la première fois que les États-Unis cherchent à s’étendre au-delà de leur frontière nord. En 1890, le McKinley Tariff avait pour ambition « d’affamer le Canada jusqu’à l’annexion » afin de le forcer à rejoindre les États-Unis. Ce ne fut pas un grand succès. Le Canada s’est rapproché de la Grande-Bretagne.
L’enjeu est différent de nos jours. L’administration américaine semble faire sienne la vision défendue par la Russie et la Chine depuis une quinzaine d’années : des aires civilisationnelles dominées chacune par un État impérial. Ce ne serait pas la première fois que cela survient. Souvenons-nous de l’accord entre les Portugais et les Espagnols signés sous l’égide du pape Alexandre VI en 1494 pour se partager le monde. Dans le cas présent, l’hémisphère occidental reviendrait à Washington, ce qui inclut évidemment le Groenland. Cela tombe bien, le territoire regorge de zinc, de cuivre…et surtout d’uranium. Le seul site de Kvanefjeld, au sud, possède les 6ème réserves mondiales d’uranium. Ce dernier est essentiel pour fournir de l’énergie à bas coût afin d’assurer l’hégémonie technologique américaine dans l’IA. Trump l’a bien compris. Le jour de son investiture, il a d’ailleurs ajouté l’uranium sur la liste des métaux stratégiques.
Quelle forme pourrait prendre l’accord ? Le plus simple serait un statut de territoire non incorporé des États-Unis sur le modèle de Porto Rico. Le Groenland aurait sa propre Constitution et une large autonomie de gestion tandis que les affaires étrangères et la défense relèveraient de Washington. En bonus, les groenlandais obtiendraient la citoyenneté américaine et des avantages fiscaux importants. La seule question qui reste en suspens : comment réagirait l’Europe ?
À surveiller
L’inflation américaine en décembre est en ligne de mire. Peu probable que cela provoque beaucoup d’intérêt. Le marché table sur deux baisses de taux de 50 points de base au premier semestre – ce qui est cohérent avec notre scénario. L’inflation légèrement supérieure à la cible résulte, en grande partie, de l’excès de crédit (masse monétaire M2 à un record historique) et d’une demande soutenue. Ce n’est donc pas problématique.
Vous ne l’avez pas lu dans la presse
Le gaz naturel européen commence l’année en baisse à un point bas de quatre mois, après avoir chuté de 45% en 2025. En cause, des conditions climatiques loin d’être mauvaises et surtout une abondance de l’offre. C’est une bonne nouvelle pour les entreprises européennes. Pas de crise de l’énergie !


