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Contraints d’attendre
Calendar18 Mar 2026
Thème: Investir
Maison de fonds: Ethenea

Le choc exogène de la hausse des prix de l’énergie contraint les autorités monétaires européennes à l’immobilisme : lors de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) du 19 mars, Jörg Held, Head of Portfolio Management chez ETHENEA Independent Investors S.A., s’attend à ce que le taux de dépôt reste inchangé à 2,0 % — pour la sixième fois consécutive. L’incertitude est trop grande pour agir à ce stade.

« Un goulet d’étranglement au Moyen-Orient détermine actuellement le destin de l’économie européenne. Depuis que le détroit d’Ormuz est sur toutes les lèvres, les prix de l’énergie s’envolent : le pétrole Brent s’échange autour de 90 dollars américains le baril. Le prix du gaz naturel européen a augmenté de 60 %.

Encore en février, la BCE célébrait une victoire d’étape : l’inflation était tombée à 1,9 % et l’économie affichait une légère croissance. Mais ce succès appartient déjà au passé. En raison du blocage du détroit d’Ormuz, les prévisions tablent désormais sur une hausse des prix pouvant atteindre environ 2,4 % en 2026, tout en anticipant un ralentissement de la croissance. En conséquence, la gestion de portefeuille d’ETHENEA n’anticipe pas d’apaisement des pressions inflationnistes avant 2027.

Entre choc des prix de l’énergie et risque de récession

Un scénario de la BCE datant de décembre 2023 avait déjà montré qu’un blocage partiel du détroit d’Ormuz réduirait la croissance de 0,7 point de pourcentage. En cas de blocage total avec rationnement, une récession serait même envisageable : un choc prolongé des prix de l’énergie ne surchaufferait pas la zone euro, mais l’étoufferait. Une telle situation pourrait amputer la croissance de deux points de pourcentage ou plus. Dans un tel environnement, des hausses de taux seraient contre-productives.

La question déterminante sera de savoir combien de temps les prix de l’énergie resteront élevés. L’inflation des services se maintient à 3,4 %, tandis que les coûts salariaux ont augmenté de 3,1 % au quatrième trimestre. Un choc énergétique durable pourrait déclencher des effets de second tour et renforcer cette dynamique.

L’équilibre délicat de la BCE pourrait devenir encore plus difficile

Les marchés anticipent désormais une hausse des taux de 1,8% d’ici fin 2026 — une attente qui ne correspond pas à la réalité économique. Certains membres du Conseil des gouverneurs, comme le Slovaque Peter Kažimír, ont certes laissé entendre que les hausses de taux sont « plus proches que beaucoup ne le pensent », mais la majorité plaide pour la prudence.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, et l’ensemble de l’institution doivent relever le défi d’équilibre le plus difficile depuis la crise énergétique de 2022. Un faux pas, et un dépassement temporaire de l’inflation pourrait se transformer en récession. Les prochaines semaines montreront si la situation au Moyen-Orient se détend — ou si la BCE sera confrontée à des décisions difficiles.