La retraite est devenue la première préoccupation des investisseurs particuliers dans le monde, mais la plupart manquent encore de la confiance et des connaissances financières nécessaires pour transformer leur épargne en plans d'investissement de long terme. C'est ce que révèle la troisième édition de l'étude « Decoding Investors » d' Amundi , publiée cette semaine et menée dans 26 pays auprès de 18 000 personnes.
Une priorité qui dépasse la confiance
L'épargne et les investissements personnels devraient désormais financer 42% des revenus de retraite attendus par les répondants, devant les régimes publics et les pensions professionnelles, cette part dépassant 50% en Asie. Pourtant, seuls 36% des investisseurs citent la retraite comme une motivation clé pour investir (34% en Europe, 40% en Asie), et seulement 23% se disent très confiants quant à leur sécurité financière à long terme, contre 26% un an plus tôt.
Le conseil financier semble combler une partie de cet écart : la moitié des investisseurs accompagnés se disent très confiants sur le financement de leur retraite, contre seulement 14% chez ceux qui n'ont jamais eu recours à un conseiller.
La peur retient les épargnants à l'écart
Près de la moitié des épargnants (43%) prévoient de commencer à investir dans les douze prochains mois, une proportion qui grimpe à 62% chez les 21-30 ans, mais 39% restent freinés par la peur de perdre de l'argent. Les écarts entre pays sont marqués : les épargnants danois affichent l'appétit le plus fort pour l'investissement (79%), suivis par Singapour (73%), tandis que la Belgique et l'Allemagne se situent en bas du classement, à seulement 24%. Résultat, dans de nombreux cas : des liquidités qui restent inutilisées bien au-delà du nécessaire, alors même que 52% des épargnants estiment qu'un fonds d'urgence de moins de six mois de revenus suffirait.
La confiance dépasse les connaissances
70% des investisseurs qui se qualifient d'experts n'ont pas su répondre correctement à trois questions élémentaires de culture financière, un écart particulièrement marqué chez les investisseurs fortunés : le groupe le plus confiant, mais aussi celui dont le niveau de connaissances est le plus faible, avec seulement 36% de bonnes réponses. Ce même groupe est aussi celui qui recourt le plus au conseil professionnel, avec 87% faisant appel à un conseiller financier, contre 58% pour les investisseurs particuliers dans leur ensemble.
L'IA et les influenceurs s'invitent dans l'équation
Le recours régulier aux assistants d'intelligence artificielle comme source d'idées d'investissement a presque quadruplé en un an, atteignant 19% en 2026, et sept investisseurs sur dix déclarent avoir déjà utilisé l'IA pour les aider dans une décision d'investissement. 59% d'entre eux ont suivi SES recommandations, et 90% se disent satisfaits du résultat. Les réseaux sociaux et les influenceurs orientent désormais les choix d'investissement de 46% des investisseurs dans le monde, une proportion particulièrement élevée en Inde (68%) et au Brésil (65%), et encore modeste en France (28%), en Espagne (37%) et en Allemagne (40%).
Plus de 60% des investisseurs déclarent avoir accès à au moins une forme de conseil professionnel, et 59% en reçoivent aujourd'hui tout ou partie en ligne, signe que ces nouveaux canaux complètent le conseil traditionnel plutôt qu'ils ne le remplacent.
« Alors que le financement de la retraite devient une préoccupation centrale pour les ménages du monde entier, cette troisième édition de notre étude Decoding Investors met en lumière un défi majeur : aider davantage d'épargnants à devenir investisseurs et à entrer sur les marchés de capitaux », a déclaré Fannie Wurtz, directrice générale adjointe d' Amundi et responsable du pôle clients. « Pour notre secteur, cela suppose de renforcer la confiance, d'améliorer l'accès à l'éducation financière, notamment par le numérique, et de proposer des solutions simples, transparentes et accessibles. »


