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Degroof Petercam - Le Nouvel An chinois approche à grands pas : que peuvent attendre les investisseurs de l'année du Cheval de feu ?
Calendar09 Feb 2026
Thème: Chine
Maison de fonds: Degroof Petercam

Les stratégistes de Degroof Petercam et Indosuez Wealth Management partagent leurs perspectives

Le 17 février, les Chinois célèbrent le Nouvel An. 2026 est l'année du Cheval de feu, qui symbolise l’audace, la transformation et l’innovation. C’est une période propice pour saisir les opportunités, mais il convient également d’éviter les décisions impulsives. La réussite exigera de la clarté, une planification rigoureuse et des conseils avisés.

Les marchés financiers naviguent dans un contexte d’ambitions affirmées sur tous les fronts : les politiques audacieuses de Donald Trump, l’expansion mondiale de la Chine et la croissance fulgurante des entreprises d’intelligence artificielle (IA) donnent le ton. Pour les investisseurs, le défi est clair : distinguer les opportunités réelles du bruit géopolitique et se concentrer sur les fondamentaux.

L’Europe et Jerome Powell cherchent à préserver leur crédibilité face à un leadership américain imprévisible. L'économie américaine continue d'afficher de solides performances, ce qui nous amène à relever nos prévisions de croissance du PIB à 2,7 % pour 2026, contre le consensus de marché. La reprise de la zone euro se poursuit et l’économie allemande devrait rebondir au second semestre. En même temps, l’Asie devrait rester le moteur de la croissance mondiale en 2026. Le yen sous-évalué et le renminbi en renforcement attirent l’attention des investisseurs.

Actions

Bien que l’actualité commerciale et géopolitique récente ait engendré une légère remontée de la volatilité à court terme, le cadre macroéconomique global reste donc favorable tandis que les conditions financières demeurent accommodantes, ce qui continue de soutenir l’appétit pour le risque sur les marchés : nous maintenons ainsi une allocation surpondérée en actifs risqués au sein de nos portefeuilles.

Aux États-Unis, le scénario de « Goldilocks » (ou Boucles d’Or en français) s’impose de nouveau, comme en atteste la révision à la hausse de nos perspectives économiques. Ce contexte, associé à la robustesse des fondamentaux des entreprises américaines -illustrée par une croissance attendue des bénéfices par action supérieure à 15 % pour 2026 – devrait continuer de soutenir la performance des actions américaines, ces dernières occupant une place prépondérante dans nos allocations.

Plus spécifiquement, nous continuons de privilégier les grandes capitalisations américaines, notamment celles exposées à l’IA. Toutefois, nous anticipons une dispersion accrue des performances au sein de ce segment, ce qui rend indispensable une sélectivité renforcée, avec une attention particulière portée à la structure financière et aux niveaux de valorisation de ces sociétés. Par ailleurs, nous estimons que la nouvelle phase de développement de l’IA pourrait désormais bénéficier aux « adopteurs » : ces entreprises qui exploitent l’IA pour améliorer significativement leur productivité. Les données actuelles suggèrent en effet que le potentiel de croissance dans ce segment reste largement sous-exploité. Enfin, nous complétons nos allocations par une diversification vers le segment des petites et moyennes capitalisations de qualité, qui devraient continuer de bénéficier du dynamisme économique observé, des récentes réformes fiscales et d’un environnement monétaire et réglementaire moins restrictif.

Les marchés émergents demeurent également une conviction forte au sein de nos allocations. Un dollar relativement faible, des signaux économiques encourageants ainsi que les mesures d’assouplissement monétaire déjà mises en œuvre, ou anticipées, créent un environnement favorable pour cette zone géographique.

Sur le plan microéconomique, les perspectives restent attractives, avec une croissance bénéficiaire annuelle attendue supérieure à 20 % pour la zone Asie hors Japon. Par ailleurs, les marchés émergents occupent une position stratégique en tant que fournisseurs essentiels dans la course mondiale à l’IA et à la défense, ce qui devrait soutenir leur développement à moyen terme. En outre, d’importantes réformes visant à améliorer la rentabilité des entreprises – telles que le programme Value Up5 en Corée ou les mesures anti-involution en Chine – devraient continuer de générer des effets positifs sur les actions de certaines sociétés asiatiques.

Concernant lesactions européennes, nous adoptons une approche plus mesurée en raison de l’incertitude politique persistante et d’une dynamique de croissance bénéficiaire moins favorable. Néanmoins, nous continuons de privilégier les petites et moyennes capitalisations ainsi que les valeurs décotées, qui bénéficient d’un environnement économique relativement bien orienté et des récentes baisses des taux de la BCE. Enfin, nous maintenons une position prudente sur les actions japonaises, en raison du resserrement de la politique monétaire de la Banque du Japon et du risque accru pesant sur le yen.

Marchés de taux et crédit

Au sein des poches obligataires, nous maintenons une exposition modérée aux dettes souveraines. Comme anticipé, les taux longs se sont redressés ; toutefois, nous considérons que les risques liés aux trajectoires fiscales, en particulier les émissions nettes de dette et le refinancement de la dette exis­tante, pourraient continuer de peser sur les maturi­tés longues. Nous privilégions ainsi les échéances jusqu’à 5 ans, plus sensibles aux politiques des banques centrales et présentant un profil plus attrac­tif grâce à un effet de portage favorable, lié à la pente actuelle de la courbe des taux.

Nous favorisons ainsi la dette d’entreprise de qualité en zone euro où la santé financière des entreprises demeure solide. Les flux constants d’investisseurs en quête de rendements plus attractifs après la baisse de la rémunération des fonds monétaires devraient également soutenir cette classe d’actifs. Aussi, nous relevons notre opinion à neutre sur le haut rende­ment américain. Cette révision reflète un scénario de croissance réévalué à la hausse alors que les fac­teurs techniques restent positifs avec une poursuite de flux entrants et des taux de défaut qui demeurent relativement faibles.

Enfin, nous restons positifs sur la dette émergente en devises locales. Au-delà de présenter un rendement attractif, le dynamisme des flux entrants reste intact et devrait continuer de soutenir la classe d’actifs.

Par ailleurs, les niveaux d’inflation observés dans les pays émergents pourraient conduire à une vague d’assouplissement monétaire, bénéficiant ainsi à ce segment. ​

Devises

Malgré la vigueur de la croissance économique des États-Unis début 2026, nous restons prudents sur le dollar en raison des risques géopolitiques accrus liés aux politiques de Donald Trump et à ses critiques répétées envers la Fed, susceptibles de miner la confiance. Nous renforçons notre exposition au yen compte tenu du fort resserrement récent du différentiel de taux avec les autres pays développés qui ne se reflète pas dans la valeur de la devise nippone. Par ailleurs, en cas d’épisode de remontée de la volatilité, le yen devrait profiter de mouvements de rapatriement des flux au Japon. Le renminbi devrait également profiter du contexte économique favorable en Chine tandis que nous prévoyons une stabilité relative du franc suisse au cours des prochains mois.

Par Alexandre Drabowicz, Grégory Steiner, Bénédicte Kukla, Adrien Roure, Lucas Meric et Alexandre Gauthy