Les prix augmentent, tout comme les taux d'intérêt
13 Sep 2026
Thème: Macro
Maison de fonds: Flossbach

La BCE a relevé SES taux d'intérêt pour la deuxième fois cette année, en partie en réaction à la hausse des cours du pétrole. Les taux vont-ils encore augmenter ? C'est la question que pose Julian Marx, analyste de recherche chez Flossbach von Storch.

Le calme est source de force — et cela vaut également pour la politique monétaire. En règle générale, la Banque centrale européenne (BCE) évite de créer un suspense inutile avant d’éventuelles modifications des taux d’intérêt. Cette fois-ci n’a pas fait exception : le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a en effet anticipé la décision relative aux taux d’intérêt lorsqu’il s’est exprimé dans le quotidien français Le Monde début septembre :

« L’inflation est actuellement très loin de notre objectif à moyen terme […]. Selon les projections de juin, elle ne reviendra à 2 % à moyen terme que dans l’hypothèse d’une hausse des taux d’intérêt. En conséquence, les marchés anticipent, avec une probabilité supérieure à 95 %, que nous relèverons les taux lors de notre réunion de septembre. Je dirais que les marchés ont désormais une assez bonne compréhension de notre réponse de politique monétaire. »

Fidèle à sa parole, la BCE a réagi à la persistance d'une inflation élevée lors de sa dernière réunion de politique monétaire en relevant le taux de dépôt pour la deuxième fois cette année, le faisant passer de 2,25 % à 2,5 %.

Six mois de prix élevés

Depuis six mois maintenant, l’inflation dans la zone euro oscille autour de la barre des 3 %. En août, elle a même atteint 3,3 %. Comme on le sait, ces taux d’inflation élevés coïncident avec les frappes américaines contre l’Iran et les contraintes d’approvisionnement en combustibles fossiles qui en ont résulté. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que les prix de l’énergie aient augmenté de 14 % en glissement annuel en août et soient restés le principal moteur de l’évolution récente des prix. Du point de vue de la politique monétaire, plusieurs conclusions peuvent être tirées. Sur une note plus positive, la récente hausse des prix de l'énergie reste encore bien en deçà des niveaux observés en 2022 : après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prix de l'énergie avaient parfois augmenté de plus de 40 % en glissement annuel. Si les inquiétudes concernant l'inflation sont certes justifiées, cela atténue au moins quelque peu le caractère dramatique de la situation actuelle. Le fait que la croissance de la zone euro ait été légèrement supérieure aux prévisions au deuxième trimestre offre également des raisons d’être optimiste. Malgré les incertitudes géopolitiques et la persistance de prix du pétrole élevés, l’économie intérieure se révèle un peu plus résiliente que prévu. Cette constatation est étayée par les dernières projections des services de la BCE, qui tablent désormais sur une croissance de la zone euro de 0,9 % cette année, contre 0,8 % en juin. En conséquence, ce rythme de croissance modéré continue de laisser à la BCE une certaine marge de manœuvre en matière de taux d’intérêt – marge dont elle a choisi de se prévaloir lors de sa dernière réunion de politique monétaire.

Le risque d'effets de deuxième ordre augmente

Pour l’instant, du moins, la BCE a donc rempli sa mission en matière de politique monétaire. L’inflation reste tout simplement trop élevée, et le risque d’effets de second tour augmente à mesure que l’inflation se maintient à un niveau élevé. Par exemple, les syndicats pourraient renforcer leurs revendications lors des prochaines négociations salariales si l’inflation ne retombe pas rapidement. Cela exercerait alors une pression à la hausse sur l’inflation des services à Fabryki Mebli Forte intensité salariale, qui se maintient désormais à 3 % ou au-delà depuis 53 mois.

Le nouveau scénario de référence des services de la BCE souligne ce contexte difficile. Il prévoit une inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils des denrées alimentaires et de l’énergie, de 2,6 % l’année prochaine. Un retour rapide à l’objectif d’inflation de 2 % n’est donc en aucun cas acquis d’avance.

Une approche prudente

vec sa dernière décision en matière de taux, la BCE réagit au risque croissant d'effets de second tour. Au cours de la période qui suivra la réunion de septembre, toutefois, la donne pourrait être bouleversée à tout moment.

Les prix du pétrole et du gaz continuent de fluctuer considérablement, et il reste impossible de prédire quand le conflit concernant le détroit d'Ormuz sera résolu. Si la reprise du trafic maritime pourrait rapidement alléger la pression sur les prix de l'énergie, un blocus prolongé risquerait de générer de plus en plus de pressions inflationnistes en cascade, notamment par le biais d'une inflation salariale plus Fabryki Mebli Forte .

Les implications pour la politique monétaire varieront donc en fonction de l'évolution de la situation. En conséquence, il n'y a actuellement aucune raison de s'écarter de l'approche éprouvée consistant à prendre des décisions réunion par réunion.