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« Des catalyseurs solides pour 2026 »
Calendar24 Feb 2026
Thème: Investir

Par Frédéric Lejoint.


Les valeurs du spatial ont été dopées par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, et les perspectives restent bonnes pour les prochaines années.


Christophe Pouchoy est venu présenter récemment les perspectives d’Echiquier Space (ISIN : LU2466448532), qui a connu une accélération significative de ses encours durant les 18 derniers mois. « Nous avions approximativement des encours de 50 millions d’euros à l’été 2024 et nous approchons des 400 millions d’euros en ce début 2026. La gestion thématique représente aujourd’hui près de 2 milliards d’euros parmi l’ensemble des actifs sous gestion de LFDE».


Fabryki Mebli Forte performance


Durant l’année écoulée, Echiquier Space a figuré parmi les meilleures performances dans de nombreux classements, et a même dépassé les performances de la plupart des fonds technologiques. Christophe Pouchoy souligne que cet engouement est dû à la convergence de plusieurs éléments fondamentaux qui ont mis l’économie spatiale au cœur de l’attention de nombreux investisseurs.


« Ces résultats sont tout d’abord liés au retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Durant son premier mandat, il avait été un artisan de la relance de plusieurs programmes spatiaux », et notamment le programme Artemis qui prévoit de renvoyer des astronautes américains vers la Lune d’ici la fin de la décennie, afin de devancer notamment le programme spatial chinois. « Les Américains ne comptent pas laisser les Chinois être les premiers à installer une colonie lunaire ». La mission Artemis 2, prévue pour 2026, devrait envoyer des astronautes en orbite lunaire afin de préparer ce retour. « Même sans alunissage, cet événement devrait constituer un puissant catalyseur et un flux continu de nouvelles positives pour l’ensemble de l’écosystème spatial ».


Outre l’exploration spatiale à proprement parler, le secteur a également été porté par la thématique de la défense spatiale, et notamment le programme Golden Dome, un mécanisme de protection antimissile pour le territoire des Etats-Unis intégrant des systèmes spatiaux. « Selon nous, le marché spatial pourrait tripler d’ici 2035, soit une croissance annualisée autour de 10%, avec un volet consacré à la défense qui devrait progresser encore plus rapidement ». Et bien entendu, parmi les autres catalyseurs positifs susceptibles se produire en 2026, il y aurait l’introduction en bourse de SpaceX dont la valorisation est estimée entre 800 et 1500 milliards de dollars.


Pure players


L’univers d’investissement d’Echiquier Space comporte 150 sociétés ayant un lien suffisamment important avec l’économie spatiale. « Dans la pratique, nous en suivons activement une centaine sur lesquelles nous réalisons des analyses financières et extra-financières afin de déterminer nos convictions pour le futur », pour investir finalement sur 25 à 35 positions avec une proportion importante de sociétés industrielles (60% des encours) et des Etats-Unis.


Cet ensemble comporte non seulement des petites et moyennes capitalisations « pure players » uniquement exposées sur l’exploration spatiale (comme le constructeur de fusées RocketLab), mais également les grandes capitalisations sur les secteurs de la défense, de l’aérospatial. « Notre stratégie est notamment exposée à des groupes hybrides, présents à la fois dans les secteurs civil et le militaire, comme Airbus ou Safran . Ces deux industriels occupent un rôle clé dans le spatial, notamment en tant qu’actionnaires d’ArianeGroup, le constructeur de la fusée européenne Ariane. Ils se distinguent également par leurs activités dans l’aviation civile où ils occupent une place importante ».


Diversification


Enfin, le portefeuille est investi également dans des sociétés utilisant les données provenant de l’espace. « Pour un acteur comme le fabricant de tracteurs John Deere , ces données sont devenues essentielles à son fonctionnement au travers de services comme la géolocalisation ou l’imagerie de la Terre. La croissance de ces acteurs est plus modérée que les acteurs directement actifs dans l’exploration spatiale ou dans les programmes militaires, mais elle constitue une base solide de revenus récurrents pour une stratégie diversifiée ».


« Cette diversification contribue à gérer la volatilité inhérente au secteur spatial. La capacité d’arbitrer entre les différents secteurs est donc essentielle ». Les pure players de l’économie spéciale peuvent voir leur taille réduite dans le portefeuille après des périodes de forte hausse, pour ensuite être renforcé après des périodes de correction.


« En outre, si notre stratégie n’était constituée que de petites capitalisations uniquement exposées sur le spatial, la volatilité serait plus forte et les valorisations encore plus extrêmes ». En outre, le gérant rappelle que lors de la consolidation du marché en 2022 et 2023, de nombreuses petites sociétés ont fait faillite lorsque le marché du crédit s’est brutalement fermé. Christophe Pouchoy souligne d’ailleurs que plus de 80% des sociétés en portefeuille affichent un résultat opérationnel ou des flux de trésorerie positifs.


Coûts de lancement


A terme, les applications commerciales sont susceptibles de représenter 75% du chiffre d’affaires du secteur, une croissance soutenue par la chute spectaculaire des coûts de lancement vers l’orbite terrestre entre 2000 et 2500 dollars par kilo de charge utile, notamment grâce à la réutilisation des lanceurs initiée par SpaceX. « Et plus les coûts de lancement baissent, plus la profitabilité des applications dérivées du spatial augmente ».


Pour les prochaines années, Christophe Pouchoy conclut que le secteur spatial devrait continuer de bien se comporter, « avec des niveaux de valorisation qui devraient rester selon nous attractifs par rapport à la croissance attendue ».