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« Un rebond de la technologie américaine en mars »
Calendar09 Mar 2026
Thème: Investir

Par Frédéric Lejoint.


David Kruk a souligné la bonne résistance des marchés face à l’environnement actuel marqué par un contexte géopolitique instable, et estime que les Magnificent Seven pourraient faire un retour en force à la suite de résultats trimestriels solides.


À la fin du mois de février, les spécialistes de LFDE ont tenu la nouvelle édition de leur webinaire « Au Cœur Des Marchés ». A cette occasion, Pierre Puybasset (Porte-parole de la gestion) et David Kruk (Responsable du trading desk) ont dressé un panorama détaillé de l’actualité extrêmement riche du mois écoulé, et ils ont une nouvelle fois affirmé leur confiance dans la capacité de résilience des marchés pour le mois de mars.


Premières victimes


Tout d’abord, David Kruk souligne que les sujets d’inquiétudes ont été particulièrement nombreux, ce qui n’a pas empêché les marchés de résister particulièrement bien. Et notamment en Europe, où les principaux indices ont surperformé par rapport aux actions américaines, avec un S&P500 qui est resté stable durant le mois écoulé et continue d’évoluer depuis novembre 2025 dans un corridor étroit compris entre 6800 et 7000 points.


Cette stabilité apparente masque toutefois une rotation sectorielle importante, en dehors d’un secteur comme les logiciels pour privilégier plutôt des actifs réels et cycliques. « C’est surtout le mot disruption qui a été mis en avant sur le mois de février, et qui est revenu très souvent dans les annonces de résultats des sociétés américaines. Les logiciels ont été les premières victimes des bouleversements apportés par l’IA, et les sociétés européennes n’ont pas été épargnées par le mouvement des investisseurs, avant que ces derniers ne comprennent les implications de cette disruption ».


Et ces bouleversements ont progressivement affecté d’autres segments du marché, comme la logistique ou la gestion de patrimoine. « Après avoir passé des trimestres à identifier les gagnants de l’intelligence artificielle, les investisseurs se sont soudain interrogés sur les perdants potentiels », avec des impacts sur les valorisations qui ont été parfois violents.


Retour européen


« Outre la disruption, l’autre mot qui a caractérise le mois de février a été l’élargissement de la performance boursière vers d’autres secteurs et d’autres zones géographiques », indique encore David Kruk . » L’exposition plus faible au secteur technologique a clairement joué en faveur de l’Europe, de même que les résultats supérieurs de 3% aux attentes pour le quatrième trimestre 2025, avec un taux de surprise favorable (58%) plutôt favorable. « L’écart de croissance des bénéfices par action entre l’Europe et les Etats-Unis à tendance à se resserrer. »


Dans ce contexte, les flux financiers ont poursuivi leur retour vers les marchés du Vieux Continent, plus fortement concentrés sur les actifs industriels. « Les sociétés disposant d’actifs importants et tangibles avec des investissements très importants, sont dans ce contexte plus protégées selon nous que celles reposant sur un modèle de prestation intellectuelle », constate Pierre Puybasset.


Enfin, les marchés émergents et plus particulièrement asiatiques ont également été plébiscités dans ce contexte, et notamment la Corée du Sud qui a enregistré une performance spectaculaire depuis le début 2026 dans un contexte de pénurie sur les puces mémoire au travers des cours de deux de ses plus grandes capitalisations (Samsung et Hynix). « Le Japon a également progressé de 10% durant le mois écoulé, ce qui est loin d’être négligeable ».


Economie favorable


Sur le plan macroéconomique, les spécialistes de LFDE continuent de tabler sur un environnement économique favorable pour le reste de l’année, caractérisé par une croissance correcte et une inflation en voie de normalisation qui devrait permettre une poursuite de la détente des politiques monétaires dans les pays occidentaux. David Kruk indique également que la nomination du nouveau président de la Réserve Fédérale a été finalement bien accueillie par les marchés.


Même si l’impact du conflit avec l’Iran reste encore incertain, les investisseurs américains vont continuer de bénéficier des importants versements fédéraux dans le cadre du plan budgétaire voté en 2025. « La correction observée sur le bitcoin a probablement diminué leur puissance, mais les remboursements d’impôts et la reprise des programmes de rachat d’actions resteront des soutiens structurels pour les marchés américains ».


Point d’inflexion


Du côté des grands stratégistes internationaux, l’accent a également été mis sur la nécessité de diversifier vers des sociétés disposant d’actifs réels, avec des surpondérations qui sont désormais importantes sur les petites et moyennes capitalisations et sur les actions value. « Le pessimisme sur les grandes capitalisations américaines pourrait toutefois signaler un point d’inflexion à venir », estime David Kruk , « avec des valorisations sur les valeurs cycliques qui ont déjà bien anticipé des niveaux de croissance plus élevés ».


Il rappelle également que les derniers résultats trimestriels des Magnificent Seven ont encore montré une excellente résistance, avec un rythme de progression qui reste supérieur au reste du marché américain. « Le segment de la dette privée est un point de vigilance. A ce stade, les courtiers américains n’estiment toutefois pas que le risque soit systémique dans ce segment. Oracle s’est ainsi refinancé sans problème, et à moins d’une faillite spectaculaire, le problème de la dette devrait rester localisé ».


Pour le mois de mars, David Kruk estime que le marché américain pourrait être en mesure d’absorber les chocs. « Avec les élections de mi-mandat qui se profilent à l’horizon, Donald Trump aura envie de continuer à voir les marchés rester bien orientés pour que les consommateurs soient satisfaits ». En définitive, les indices boursiers devraient continuer à progresser en mars, qui pourrait également marquer un retour vers les actions de croissance et la technologie. « Nombres de grandes sociétés sont retombées sur des niveaux de valorisation particulièrement intéressants ».