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« Pas d’hyperinflation ni de récession mondiale »
Calendar21 Apr 2026
Thème: Investir
Maison de fonds: Amundi

Par Frédéric Lejoint.


Le contexte actuel pousse les spécialistes d’ Amundi à privilégier la diversification et les actifs qui vont se montrer résilients ou bénéficier de l’environnement incertain.


Les spécialistes de l’ Amundi Investment Institute ont récemment mis à jour leurs attentes pour les perspectives macroéconomiques à l’issue d’un premier trimestre qui aura vu le début d’un conflit armé dans le Golfe Persique, susceptible d’entraîner des perturbations significatives pour les prochains mois. Ils ont également mis en évidence les principaux impacts pour les grandes classes d’actifs, ainsi que les secteurs boursiers qui seront impactés positivement ou négativement par la hausse des prix pétroliers.


Pas (encore) de hausse


Ce nouvel environnement marque un contraste significatif par rapport aux attentes qui prévalaient en début d’année, et nécessite aujourd’hui des modifications profondes dans les différents scénarios, avec notamment un relèvement des risques de stagflation (croissance faible accompagnée d’une inflation élevée) au niveau global. Pour autant, Monica Defend (Directrice de l' Amundi Investment Institute) estime que ce scénario va entraîner un gel des baisses de taux pour les prochains mois dans les grandes banques centrales.


Mais il pourrait également ne pas déboucher sur des resserrements pour les politiques monétaires en 2026 tant que l’inflation anticipée n’augmente pas trop rapidement par rapport à l’inflation sous-jacente (hors prix pétroliers). « Par exemple, nous ne pensons pas que la Banque Centrale Européenne va remonter son taux directeur en réaction à la hausse des prix énergétiques. Elle pourrait atteindre d’évaluer la persistance du choc inflationniste avant de modifier sa politique ».


Croissance et marges


Vincent Mortier (CIO Groupe d' Amundi ) estime que la hausse de l’inflation va toucher les grandes régions de manière différente, mais que la zone euro lui paraît comme étant la plus vulnérable, en particulier si la hausse des prix pétrolier fait tache d’huile sur les prix d’autres catégories de biens. « Aux États-Unis, ce choc énergétique risque d’affecter plus directement la consommation des ménages à faibles revenus, et pourrait potentiellement impacter les attentes pour la croissance économique ».


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Dans l’ensemble, Philippe d'Orgeval (CIO Groupe Adjoint d’ Amundi ) souligne que les marchés financiers ont tendance à « surestimer l'impact des prix pétroliers sur la hausse des prix à court terme, et à sous-estimer les effets négatifs à long terme sur la croissance économiques et sur les marges des entreprises ». Dans cet environnement, les spécialistes d’ Amundi estiment qu’il faut réduire l’exposition sur les classes d’actifs risquées, et renforcer la diversification des portefeuilles, notamment vers des segments qui seront moins impactés par le conflit dans le Golfe Persique.


Plus de qualité


Au niveau obligataire, Amaury d'Orsay (Responsable du Fixed Income) indique que la hausse des taux longs implique qu’il faut « se montrer flexible » en privilégiant notamment les obligations périphériques européennes pour leurs fondamentaux économiques solides et leurs coupons attractifs. « Sur le crédit aux entreprises, nous préférons actuellement la dette de meilleure qualité par rapport au haut rendement, plus particulièrement en Europe ou les bilans sont plus solides ».


Sur les marchés boursiers, Barry Glavin (Responsable des marchés actions) privilégie les sociétés ayant des bilans solides dont les résultats seront peu affectés par le conflit. Il apprécie notamment les banques et les valeurs industrielles qui devraient bénéficier des importants plans d’investissements attendus pour les prochaines années « Nous avons réduit notre exposition sur le marché américain, pour privilégier davantage l’Europe et le Japon ». L’exposition sur les pays asiatiques a été réduite en raison de la forte dépendance aux importations de pétrole en provenance du Golfe Persique.


Impacts sectoriels


Federico Cesarini (Responsable de la stratégie actions sur les marchés développés) s’est penché sur l’impact de la hausse des prix pétroliers sur les différents secteurs européens. Si les résultats du premier trimestre 2026 devraient rester robustes, des conséquences « plus visibles » seront observables à partir du deuxième trimestre. « Comme lors de l'invasion de l'Ukraine en 2022, l'énergie et des services publics devraient bénéficier de la hausse des prix du pétrole et du gaz naturel ». La santé devrait également figurer parmi les secteurs vainqueurs grâce à son caractère défensif.


A l’inverse, il estime qu’un secteur comme le transport sera lourdement impacté par la hausse des prix pétroliers, notamment les compagnies aériennes. « De même, le luxe pourrait être vulnérable vu son exposition au Moyen-Orient ». Le risque d’une hausse des taux est également une mauvaise nouvelle pour le secteur automobile et pour le secteur immobilier. « A plus long terme, les banques pourraient également être affectées si le conflit s’enlise, en cas de dégradation de la qualité des bilans des entreprises ».


Devises et flexibilité


Si le dollar s’est relativement bien comporté depuis le début de la crise, Monica Defend reste convaincue par un mouvement d’affaiblissement du billet vert sur le long terme au vu de la dégradation des finances publiques américaines. Dans une approche d’un portefeuille diversifié, des diversifications peuvent également être recherchées actuellement sur les instruments indexés sur l’inflation ou les matières premières. Enfin, la forte hausse du métal jaune durant le premier trimestre a poussé les spécialistes d’ Amundi à réduire leur exposition sur le cours de l’or.