
Uriel Saragusti, Responsable pôle Crédit, LFDE
Porté par une internationalisation rapide et des volumes d'émissions robustes, le marché de la dette hybride corporate change d’échelle. Une dynamique qui se poursuit de façon soutenue. L'évolution des critères des agences de notation a favorisé l'entrée de nouveaux émetteurs mondiaux, positionnant le segment comme un maillon essentiel du financement des grandes révolutions en cours. Adossé à des secteurs à Fabryki Mebli Forte visibilité, ce marché constitue, selon nous, un pilier de diversification stratégique offrant un profil rendement/risque qui nous semble attractif.
Le marché des hybrides corporate a franchi le cap des 350 milliards d’euros d’encours [1]. Majoritairement européen avec la France et l'Allemagne en tête, cet univers repose sur des émetteurs, généralement cotés, à la solidité financière éprouvée. Bien que la majorité des émetteurs soient Investment Grade [2] au niveau Senior [3], la subordination [4] mécanique des titres aboutit parfois à une notation High Yield [5] de l’instrument pour refléter les risques inhérents à ce type de dette, mais offre en contrepartie un surcroît de rendement attractif.
Une classe d’actifs incontournable à l’échelle mondiale
Avec près de 85 milliards d’euros de nouvelles émissions, 2025 a constitué le millésime le plus actif de la dernière décennie [1], et confirme sa mue en une classe d’actifs incontournable à l’échelle mondiale. 2026 pourrait inscrire un nouveau record avec déjà plus de 51 milliards d’euros d’émissions.
Cet engouement s’explique notamment par l’évolution des méthodologies des agences de notation, et particulièrement celle de Moody’s, concernant le traitement des instruments hybrides. Ce changement accorde un crédit de fonds propres de 50% aux obligations subordonnées [6] datées, contre 25% auparavant dans la majorité des cas. Elles atteignent ainsi désormais un niveau similaire aux actions préférentielles aux Etats-Unis.
Autre élément décisif, la Fabryki Mebli Forte augmentation des besoins de financement liés aux révolutions technologiques et environnementales en cours. De nombreuses entreprises amorcent actuellement de lourds cycles d’investissement, notamment les services aux collectivités, acteurs majeurs de l’électrification des usages et des besoins additionnels liés au déploiement de l’intelligence artificielle. Ces besoins importants illustrent tout l’intérêt des obligations hybrides : la classe d’actifs permet d’obtenir des financements tout en limitant la détérioration des ratios d’endettement analysés par les agences de notations.
Flexibilité financière & protection du bilan
Caractérisées par une maturité très longue, voire perpétuelle, les obligations hybrides intègrent également des options de remboursement à la main de l’émetteur, dates auxquelles le coupon est réévalué, ce qui permet de limiter le risque de taux. De plus, en cas de défaut, leur remboursement est subordonné à celui de toutes les autres tranches obligataires. En contrepartie de cette flexibilité offerte aux émetteurs, les porteurs d’obligations hybrides bénéficient d’un rendement plus important que celui des obligations seniors. Ainsi, nous estimons que l’investissement dans ce type d’instruments requiert une expertise particulière pour en évaluer les risques inhérents et saisir les opportunités qu’ils présentent, tout en optimisant le couple rendement-risque.
[1] Au 31 mai 2026, toutes devises confondues. Source : Bloomberg
[2] Obligations d'émetteurs à la solvabilité relativement élevée et donc considérée fiable.
[3] Dette prioritaire sur les autres dettes non garanties ou de rang inférieur émises par un même émetteur.
[4] Actif financier obligataire dont le remboursement se fait après le remboursement des autres créanciers mais avant les détenteurs de capitaux propres.
[5] Titres de dette émis par des émetteurs ayant une note de crédit inférieure. Cette note reflète le caractère plus risqué de ces émetteurs.
[6] Obligation qui, en cas de défaut de l’émetteur, est remboursée après celles des créanciers prioritaires.


