Navbar logo new
Obligations en 2026 : peut-on viser plus que le simple portage ?
Calendar18 Feb 2026
Thème: Investir
Maison de fonds: Mandarine Gestion

Après plusieurs années de rendements faibles, voire inexistants, les obligations ont effectué un retour remarqué dans les portefeuilles. La remontée des taux d’intérêt a profondément modifié le paysage obligataire : les investisseurs retrouvent aujourd’hui des niveaux de rendement attractifs, rarement observés depuis deux décennies.


Pour 2026, le scénario central semble clair : la performance obligataire sera principalement portée par le portage, c’est-à-dire le rendement lié au coupon. Mais existe-t-il encore un potentiel supplémentaire au-delà de cette rente obligataire ? Selon Mandarine Gestion, la réponse est oui — à condition d’adopter une approche sélective et active.


Le retour des rendements obligataires


Depuis la correction de 2022, le marché obligataire a changé de régime. Les rendements nominaux sont redevenus élevés sur la plupart des segments, redonnant au portage un rôle central dans la performance.


En Europe, les rendements se situent aujourd’hui entre 3 % et 6 % selon les segments, le niveau de risque accepté et la volatilité attendue. Cette nouvelle donne explique les flux massifs observés vers les fonds obligataires, notamment sur les stratégies crédit, perçues comme un nouveau « refuge » dans un environnement incertain.


« En 2026, le cœur de la performance obligataire restera le portage », explique Arnaud Colombel, Directeur de la Gestion Crédit et des Fonds Éthiques chez Mandarine Gestion. « Mais certains segments offrent encore des opportunités de surperformance pour les investisseurs capables de gérer activement la complexité et la volatilité. »


Un contexte macroéconomique porteur, mais sans excès


Le scénario macroéconomique actuel repose sur une croissance correcte, une inflation en cours de normalisation et des banques centrales patientes. Dans ce cadre, la probabilité d’une forte baisse des taux longs — synonyme de gains massifs en capital — semble limitée.


Cela renforce l’idée que 2026 sera avant tout une année de rendement courant, davantage qu’une année de forte appréciation obligataire.


Cependant, certains segments apparaissent mieux positionnés pour espérer « faire plus que le portage ».


Où se situent les poches de potentiel ?


Du côté des emprunts d’État « cœur », le potentiel de plus-value repose principalement sur un scénario d’aversion au risque ou de ralentissement économique plus marqué. Allonger la duration sur des maturités 7 à 10 ans peut jouer un rôle de protection, tout en offrant un rendement de départ historiquement attractif.


Le crédit Investment Grade devrait rester le pilier de l’allocation obligataire en 2026. Le couple rendement/risque demeure favorable grâce à des fondamentaux solides et un environnement de croissance modéré. La performance additionnelle viendra surtout du bond picking — sélection sectorielle, choix des notations, dettes subordonnées — ainsi que d’une gestion active de la courbe des taux, plutôt que d’un resserrement massif des spreads.


Dans le segment High Yield, les primes de risque sont historiquement serrées, mais certaines zones — notamment les émetteurs BB résilients ou les maturités courtes — continuent d’offrir un rendement supérieur à l’Investment Grade. Cela laisse place à un portage « amplifié », tout en exigeant une vigilance accrue face au risque de défaut ou aux besoins de refinancement.


Les dettes subordonnées bancaires (AT1) restent également attractives. Elles offrent des rendements proches de 6 %, avec un risque crédit intrinsèque relativement contenu en Europe. Selon Arnaud Colombel, « c’est typiquement un segment où une gestion active peut générer de la valeur, à condition de bien calibrer l’exposition compte tenu des drawdowns possibles en période de stress ».


Enfin, les dettes émergentes constituent une brique de diversification grâce à une prime de rendement élevée, mais leur sensibilité à la conjoncture mondiale, au dollar et aux risques géopolitiques impose une approche prudente.


La gestion active, clé en 2026


En conclusion, malgré l’accumulation des dettes souveraines et la montée des incertitudes géopolitiques, viser plus que le portage reste envisageable. Mais cela suppose d’accepter une part de risque de taux et de crédit, et surtout de s’appuyer sur une gestion active capable de tirer parti des épisodes de volatilité.


Le scénario central demeure celui d’une année obligataire dominée par la rente du coupon, avec des opportunités additionnelles pour les investisseurs sélectifs et bien diversifiés.